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Samedi 30 septembre 2006

Ce 3eme chapitre sera exclusivement consacré aux bricolages , réparations et autres pannes de coeur et de moteur . Il conviendra de s'y référer pour découvrir toutes les subtilités de la vie à bord d'un voilier !

Tome 1 : le dessalinisateur autrement dénommé le dessal

Le dessal ...., mécanique prodigieuse qui aurait permis à tous les curés naufragés sur une île déserte de transformer en eau bénite n'importe quel océan....Les vrais voiliers hauturiers , ceux qui naviguent au long cours et ne s'arrêtent jamais de tourner en rond , en ont un à bord , forcément!
Il est souvent l'objet de soins particuliers de la part du capitaine qui ne saurait envisager de boire son pastis à l'eau de mer . Pour ma part , je préfère nettemnt le Clos Vougeot qui dans tous les cas se boit sans eau !.

Le dessal d'Apsara a , lui, décidé de se transformer soudainement en geyser peu après le départ de Saint Martin par une belle après-midi de Février. Le tuyau de raccordement , soumis à une pression  de 60 bars s'est enfui de son logement et la remise en place à force de Serflex doublés et de manifestations liturgiques au dieu dessal n'y ont pas suffi.Et que croyez -vous qu'il advint ?.....on ne parlait même plus de pastis à l'eau de mer mais de dentifrice à l'eau de mer , puis de pâtes et riz à l'eau de mer et Cuba se profilant à l'horizon , nous échappâmes de peu au p'tit dej à l'eau de mer . Sacrilège !!!!

Michèle et sa foi inébranlable dans les ressources de son imagination ne tardèrent pas à intervenir après que l'un de nos voisins à Santiago nous ait dégoté au fond de son cockpit , de la pâte à souder supportant 80 bars de pression . Elle emboutit les 2 extrémités fauteuses de trouble , tartinées de la fameuse pâte à souder renforcée de fil à coudre (sic), prétextant que la résistance de la dite-pâte se trouverait fortifiée par cette astuce !!C'est du moins ce qu'elle a prétendu avoir appris dans ses cours d'architecture. Le Corbusier doit encore se péter de rire au fond de sa tombe mais , un qui ne riait plus du tout , c'était Adrien qui commençait à avoir 200 bars de pression dans la chaudière, comprenant que si la pâte ne parvenait pas à résister , en revanche il serait impossible de la retirer de chaque embout ....Et que croyez-vous qu'il advint ?Eh bien la réparation a tenu pendant un nombre non négligeable de jours , suffisamment du moins pour nous prouver qu'une fois de plus selon Einstein :"La théorie , c'est quand on sait  tout et que rien ne fonctionne , la pratique c'est quand tout fonctionne mais personne ne sait pourquoi". A défaut d'alimenter le réservoir d'eau douce , cette réparation a alimenté les conversations et autres ironies du soir jusqu'à l'été et conforté Michèle dans sa conviction que nous n'étions , Adrien et moi , que des "sceptiques" .

Tome 2        : objets volants , écrous, vis et cavaliers plongeurs

J'avais poursuivi ma déjà longue carrière de gaffeuse sur le Kourou en Guyane en lachant précisément une gaffe lors de la prise de coffre devant le ponton du CNES, avec 5nds de courant autant dire que la gaffe avait du terminer sa vie dans la fosse atlantique à 5.000m de profondeur . J'ai une nouvelle fois fait preuve de tout mon talent en la matière dès l'arrivée au Rio Dulce en laissant plonger 3 vis , 2 écrous , un cavalier inox bien sur  , une planche découpée sur la jupe arrière , sans parler des pinces à linge La boite à pilule de Michèle avait subi le même sort dans la baie du Marin à Fort de France . Y a-t-il un fournisseur d'attaches élastiquesqui pourrait résoudre le problème , récurent certes , mais , ô combien invalident ,du lâcher d'objets dans le milieu aquatique qui nous entoure?On pourrait imaginer un réseau infini de petits élastiques , ficelles et autres liens pour permettre au polio de mon acabit d'éviter le lâcherd'objets vitaux . Non , le problème est  ailleurs et il me faut urgemment suivre un stage intensif de rééducation de la main gauche si gauche .

Tome 3: la graisse miracle d'Adrien

Après avoir débloqué l'engrenage de l'enrouleur de la grand voile , nous avons oint l'ensemble avec une graisse dont Adrien prétend qu'elle permet de conserver à tous les rouages une fluidité dans les mouvements quasi éternelle .Mais il en use avec parcimonie vu le cout de la boite de graisse . Il serait bon , je pense , quelque soit son cout ,d'en avoir en stock pour une durée indéterminée, car elle ne graisse pas seulement les rouages mécaniques !!!!

Tome 4 :BLU,SAILMAIL,et autres moyens de communication

Il est certes probant que ,voulant se séparer des moyens de communication et de désinformation usuels  tels que tele , journaux, téléphone, etc ( sans regret , le journal de 20H avec PPDA , Claire Chazal, et autres présentateurs guimauves...d'ailleurs la séparation de corps était déjà effective!)nous ne pouvons échapper aux liens maritimes, aériens et satellitaires pour , au moins , connaitre la meteo et envoyer quelques mails pour rassurer notre famille sur notre folle aventure.Comment ça se passe , me direz-vous ?Il vous faut pas moins de 3 casseroles pour faire la tambouille communicationnelle :

-une BLU , radio émettrice réceptrice sur bandes laterales uniques ( très grandes ondes qui se propagent partout dans le monde )SSB pour les anglophones

-un modem dénommé PACTOR I II ou III suivant l'âge

-un ordinateur programmé pour faire mumuse avec le modem et rejoindre la BLU

Première couille dans le potage: les raccords ne concordent pas vu l'age du PACTOR : USB , RS 232 , le mien ( d'ordinateur ) refusera catégoriquement de vouloir se mettre en rapport avec le modem . Certes l'ordi d'Adrien vieux modèle TOSHIBA fonctionne ( c'est dans les vieilles casseroles qu'on fait les meilleures soupes ).Ah! j'oubliais , il faut au préalable initialiser le modem  en fonction du type de BLU .... ce serait trop simple !Quand tous ces ingrédients sont prêts on peut enfin brancher le tout :

1-mettre le contact moteur (sinon la BLU ne fonctionne pas !)

2- mettre la BLU en marche

3- mettre le modem en fonction

4- enfin mettre l'ordi en route et ouvrir le programme Sailmail

Voilà , vous avez déjà perdu une heure car forcément , vous avez oublié de brancher l'ordi sur le modem ou l'inverse ou le raccord est mal mis ou bien...... vous me suivez toujours ou vous dormez ? ..... et là commence le plaisir des concerts de brouillage d'écoute : grcreu..;grcreu...grcreu...grcreu...; tapez votre mail , mettez le dans la boite d'envoi , ça vous évitera de le perdre en attendant d'avoir la fréquence adéquate .... car voilà le hic : il faut trouver la fréquence qui vous permette d'envoyer le mail par la BLU .... gruiiit...gruiiit...gruiiit ....gruiiit ...la BLU fonctionne ....choisissez le lieu d'émission -réception , vous avez le choix ,Daytona , Rock Hill, Panama , une quinzaine sont à votre disposition de part le monde... puis vous choisissez une fréquence..2807,90 .....ticlic....ticlic....ticlic...ticlic...c'est occupé ....une autre ...5310,50 ...chcreu...chcreu..chcreu...chcreu..un espoir point à l'horizon ...eh non! déconnecté!Après 20 essais et une nouvelle heure de perdue , vous percevez le chuit...chuit...chuit...chuit...prometteur de connection et enfin le vert s'affiche sur la fenêtre ; 20 mn suffiront pour envoyer deux lignes .

Baigné d'admiration devant les prouesses de la technique moderne pour connecter les hommes , vous pouvez enfin vous réjouir d'avoir signalé à votre famille que tout va bien et que la sérénité règne à bord .., ce dont elle ne doutait guère puisque : pas de nouvelles , bonnes nouvelles !  tout ça pour la modique somme de 250$ d'abonnement à Saimail , c'est toujours mieux que le journal de 20h ...non?

Un seul regret : Sailmail, Toshiba, Pactor et Furuno (BLU) ne fournissent pas l'aspirine post -mise en oeuvre

Tome 5 : les délices de MIchèle

Capoue n'est pas au milieu de la mer et ses fameux délices ne traversent pas les océans .Qui pourrait croire alors que , loin dans l'immensité marine , il existe un petit havre où les nourritures terrestres ont des parfums et des saveurs de paradis.

Cela pourrait s'appeler les délices de Michèle mais bien peu saurait , je crois , nommer cette poésie .

J'aimerais pouvoir le dire en vers car la rime est riche pour exprimer les plaisirs chaque jour renouvelés des prouesses culinaires de Michèle .J'aimerais pouvoir le peindre tant les couleurs vous inspirent les papilles de mille saveurs .J'aimerais pouvoir le chanter tant les modulations du répertoire sont chaudes  et variées. J'aimerais pouvoir traduire en quelques pas de danse la générosité de ses mets tant il ya de coeur dans ses préparations .

Meilleure encore que la petite madeleine , le souvenir du tiramisu précieusement concocté vers Saint Domingue fait naitre en moi des parfums de plénitude .

Peu lui chaut la mouvance du navire , peu lui chaut les maigres ingrédients patiemment récoltés à bord , peu lui chaut la modestie des instruments et la solitude du fourneau.En quelques instants son imagination est à l'ouvrage et par mille tours de magie jaillissent dans les assiettes , poèsie , couleurs , saveurs .

A tout ceux et celles qui pourrait apprécier ces quelques mots , s'il vous plaît , ne trahissez pas notre secret ,car nous pauvres incompétents maladroits , nous ne voulons surtout pas partager le bonheur toujours recommencé des délices de MIchèle

 Tome 6 Le  presse-étoupe , le tourteau d'accouplement et le pointeau:

Non , ce n'est pas une fable de La Fontaine , c'est un chapitre , au demeurant fort interessant, que je vous avais promis depuis fort longtemps sur le système qui permet à un voilier d'avancer également au moteur . On voudrait bien que ça ne marche qu'à la voile , un voilier, mais Eole est parfois défaillant et nous vivons aux 21eme siècle , les galères ont disparues ( pas toutes ...!)...et puis il faut bien rentrer au port où la bière , le cuba , libre et le planteur nous attendent ....
Moteur!!  qui dit moteur , dit transmission à un moyen de propulsion : l'hélice . pour faire tourner cette hélice qui se trouve dans l'eau , forcément ,il faut une liaison entre le moteur et celle-ci . L'accouplement entre l'arbre d'hélice et le moteur , eh bien , c'est le tourteau d'accouplement . Si cet arbre se désolidarisent du moteur , fixé qu'il est par le tourteau et un pointeau qui le bloque , l'hélice ne tourne plus et aurait même tendance à s'enfuir de son logement coté mer .A ce stade-là , les explications sont inutiles , c'est le scénario catastrophe .
Pour permettre enfin à l'arbre d'hélice de rejoindre l'hélice  , il existe un système ingénieux d'étanchéité qui s'appelle le presse -étoupe . Il est vraisemblable qu'autrefois il s'agissait d'une étoupe qui calfatait la liaison , Puis enfin la bague hydrolube permet à l'arbre de sortir de la coque . La multiplicité de ces liaisons font qu'i l y en a toujours une qui défaille  au mauvais moment.....et moi je rêve de n'avancer ( ou reculer )qu'à la voile .

Par claire - Publié dans : micladapsara
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Vendredi 8 septembre 2006

Février 2006 :

Adrien et Michèle m'attendent dans la baie du Marin en Martinique ; je commence à entrevoir que ce rêve mille fois recommencé prend la consistance d'une vie bien réglée entre apéro, petits boulots et repos .

De la baie du Marin jusqu'à Cuba ,il n'y a qu'un pas , et nous avons suivi le chemin des plaisanciers, La Dominique , Pointe à Pitre,Antigua,Nevis, Saint Barth,Saint Martin d'où nous repartîmes sans le plein d'eau confiant dans les prouesses du dessalinisateur. Mauvaise pioche , il nous a lâchés comme l'avait fait le pilote en Guadeloupe !!! La réparation du "dessal" vaut à lui seul un chapitre entier dans la rubrique :'réparations et bricolages ou comment faire des miracles avec de l'eau bénite et de la pâte à souder( voir chapitre 3)

Il convient d'abord d'arriver à Cuba via les ILes Vierges Américaines , le Passage de la Vierge, Porto Rico, Saint Domingue,Haiti et Cuba où l'entrée se fait à Santiago.Je laisse le soin à MIchèle de vous donner son sentiment sur ce pays :

       Lettre ouverte à Monsieur Fidel Castro , Président de la République communiste de Cuba

Certes les Cubains mangent , semble-t-il à leur faim, bien que les langoustes , la viande bovine leur soient interdites , car c'est pour les touristes! Riz , haricots rouges , chou-salade, poulet congelé et viande de porc couverte de mouches sont donc invariables dans leur menu, accompagnés d'oignons et d'oranges . Depuis que les agriculteurs ont le droit de vendre à leur profit une petite part de leur production au marché, s'ajoutent bananes , tomates, concombres et m^me poivrons et courges qui restent chers pour les autochtones qui gagnent en moyenne l'équivalent de 10€ par mois.Les pommes de terresont vendues chères au marché noir à 1€le kg. En revanche , le lait , la farine , les oeufs et le pain leur sont donnés contre des centimes de pesos avec des bons de l'Etat et deviennent donc introuvables pour les voyageurs .

Certes des logements sont attribués à chacun , mais il faut voir dans quel état et où! A la campagne , les maisons sont en bois ou en parpaings non enduits .En ville , les murs sont lépreux , les rues sont défoncés et les égouts débordent. Même si ce sont d'anciennes belles constructions, une impression de misère universelle se dégage . A l'intérieur , les sièges sont éculés , les canapés troués ,les rideaux qui servent de porte entre les pièces sont des chiffons . Les beaux meubles , les cristaux , la porcelaine et l'argenterie sont dans les musées.

Certes les Cubains sont bien soignés. Bien que les médicaments manquent , ils sont en bonne santé et la mortalité infantile est aussi basse qu'en Europe .

Certes ils ont reçu une éducation : l'alphabétisation et le sport sont une réussite. Le matériel sportif nous étonne . Par contre celui des classes universitaires est obsolète.

Du travail est donné à tous . Nous sommes même surpris de voir une dame , petite , charmante , proprette, très âgée servir de concierge dans un immeuble 1950 de La Havane . Dans un autre , un monsieur tout aussi en âge d'être à la retraite, est responsable , aux heures de travail , d'appuyer sur les boutons de l'ascenseur(?) , assis sur un tabouret défoncé et rafistolé. dans les entrées les fils élctriques  pendent du plafond qui s'écroule et les portes des appartements immenses sont en bois de l'épaisseur du papier. Rien ne leur appartient , c'est à l'Etat , rien n'est entretenu . Si un policier gagne 40€ par mois , unmédecin en gagne 20 et un ouvrier 8. Cela ne motive pas au travail ni à entretenir qui que ce soit ! Partout , d'une manière générale se lit la tristesse.

Jusqu'à la fin des études , que tout soit pris en charge par l'Etat : logement , vêtement et nourriture comprise , cela est parfait . Mais ensuite , aucune évolution n'est possible , aucune initiative ne peut être prise par les adultes , aucun esprit d'entreprise n'est permis ni aucune créativité ? Comment faire des projets , lorsque l'on sait que rien n'est réalisable?L'être humain adulte a le sens de la propriété , a besoin d'être motivé, d'avoir dse désirs , de s'assumer , de mesurer sa réussite, de voyager, de s'ouvrir au monde extérieur...Au lieu de cela , il est parqué comme un animal élevé en batterie dans des conditions insalubres , nourri tous les jours de la même façon et se déplace le plus souvent dans la benne d'un camion , quelques fois fermée , sans sécurité( les hommes restent debout pour laisser les femmes s'assoir) comme du bétail ! Quel Cubain est heureux ?

Si vous avez été un fin stratège, Monsieur le Président Fidel Castro , il vous manque nombre de notions , non seulement sur l'êter humain , mais aussi sur la politique monétaire d'un pays et encore sur la politique extérieure . Par manque de connaissances , vous menez Cuba à la catastrophe économiquement et diplomatiquement . Votre caractère instable vous a conduit à recréer sur cette belle île ce qu'elle était avant : une île de mendiants ou de voleurs , une île où se développent ,à toute vitesse le marché noir et la prostitution !Ceci avec votre accord puisqu'il faut plumer les touristes pour ramasser des devises !!!Avec votre accord puisque c'est l'Etat qui habille toutes les filles en minijupe les habituant ainsi à montrer leus corps ( sans doute par économie de tissu )Lorsqu'un Cubain sourit à un touriste c'est pour lui extorquer des CUC , sinon ils ne sont jamais souriants

Comme le chante Tiken Jaf Facoln:"Monsieur le Président quitte le pouvoir pendant qu'il est encore temps !"

Touristes , ne venez pas à Cuba : soit vous êtes mis en batterie voyages organisés où l'on ne vous  montre que ce que l'on veut bien et où vous n'avez aucun contact avec la population cubaine , ce qui est dommage , soit vous venez en voyageur indépendant et les hôtels ne vous veulent pas et tout est hors de prix . Mais de toute fçon , vous participez à la dégradation morale de ce beau pays par votre simple présence .

Beau par ses paysages variés: des marais aux multiples oiseaux , l'on passe aux reliefs adoucis par la brume matinale d'où émergent les plumets des cocotiers, des eaux turquoises au sable blanc et au fond corallien riche de poissons colorés au vert intense des mangroves des nombreuses îles parsemées tout autour du "crocodile".

Beau par son passé : de la cathédrale de Santiago de style espagnole du XVIeme siècle à celle  renaissance de La Havane , des palais déclarés " Patrimoine de l'Humanité" et restaurés par l'UNESCO, avec ses places animées aux rues pavées de Trinidad.

Beau enfin parce que le peuple , même s'il aspire à plus de confort, de richesse et de modernité , se rend-il compte qu'il vit la fin d'une époque encore pleine de naturel avec ses voitures à cheval au lieu du vrombissement de trop de moteurs de voitures et de motos ou de climatiseurs polluants .

A CUBA , on y va pour son passé , on le fuit pour son présent et l'on craint pour son futur.

                                                                            Michèle Fevrier 2006

Je reprends la main , pour yaller aussi de mon petit commentaire :

Cuba Si , Cuba No , Cuba libre , que pensez de cette révolution qui se meurre , de ce monde communiste qui s'effondre ? Cette société qui apparement ne vit pas trop mal face aux USA et son embargo , recèle de biens curieux mélanges . Un tourisme de masse astucieusement pompé via le dollar et l'euro et qui ne profite qu'aux "riches " , un système éducatif et de santé qui prend en charge l'ensemble de la population , une répartition du travail qui bénéficie à tout un chacun et , bien sûr , les immanqubles petites magouilles , vols et pratiques touristico-sexuelles mais celles-ci sont universelles. Alors que deviendra ce pays plein de charme et de rythme au moment de la disparition de Castro ? L'alliance avec certains pays sud-américains passés à "gauche" leur permettra-t-il de survivre ? C'est tout ce qu'on leur souhaite .

Et c'est le coeur gros que je quitte Michèle ,Adrien , APSARA et ce pays qui m'a charmé.

Le devoir m'appelle , n'ayant pas encore atteint la date de péremption de l'Education Nationale . Michèle et Adrien filent vers Cayo Largo , le Belize et le Guatemala.

Il me faudra patienter quelques mois et une prothèse du genou pour ne plus vivre que dans ce monde bleu de la mer et des escales exotiques . Ne rêvons pas trop, on ne fuit un monde que pour le retrouver à l'identique ou presque à l'autre bord de la planète. Les tracasseries administratives , la défiance vis à vis des autochtones et de leur tentative pour gruger le visiteur... qulle différence avec notre monde occidental bien policé mais si corrompu?La différence , elle est dans la découverte , dans l'harmonie avec ce mode de vie que rien ne presse , dans les rencontres inattendues et la communication sur le fonctionnement de chacun des pays visités

Par claire - Publié dans : micladapsara
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Jeudi 7 septembre 2006
 
 
23 Mai 2006, j'ouvre une grande page de l'histoire humaine, le big bang de l'évolution, la révolution de la circumduction.
Voici quelques années que cette histoire est commencée et si l'on ramène le tout à l'échelle du microcosme humain , ça n'est rien plus qu'un pouième de milliardièmede l'aventure bipède et maritime . Et oui! ne perdons jamais de vue que pour intéressante que soit notre histoire, elle ne représente pas grand chose à l'échelle de l'humanité. Mais on se fait plaisir à la raconter et plus encore à la vivre.
Zoom arrière : mars 2002, je lis dans la revue VOILES et VOILIERS , rubrique courrier des lecteurs , un article d'un retraité qui met fin à son abonnement et part faire le tour de la Méditerrannée avec son sloop alu dériveur intégral ( à l'époque je me demandais ce que cela pouvait bien pouvoir dire !), article signé Mr L.L C à Vedène . Mn sang ne fit qu'un tour , mais c'est mon rêve !!
La suite , je la raconte dans l'article que , toute fière , j'avais parvenir à la fameuse  revue à la fin de notre traversée de l'Atlantique .( voir fin du chapitre )
Viendrons ensuite en juillet 2004 ; la remontée vers Trinidad et les Grenadines , la déclaration de l'hépatite A gracieusement offerte par les soins d'unrestaurant de Kourou.
C'est au cours de ce séjour en Guyane , qu'Adrien me faisait part de son projet de racheter un voilier plus grand et , rajoute-t-il , " pourquoi ne pas te joindre à nous ?".
Nous nous trouvions dans la tiédeur des Marais de CAW. Le cerveau en ébullition; je passais la soirée à me demander ce qu'il m'arrivait et quelle épopée se profilait derrière cette proposition

20.000 rêves surgissaient dans la cocotte- minute qui , ce soir-là a bien failli exploser.
Je connaissais leur projet de navigation et il n'avait plus aucun rapport avec le projet initialde "tour de la Méditerrannée".
Nous étions d'accord sur le type de bateau que nous voulions choisir : un OVNI de 12 ou 13m .
Et c'est ce que nous avons trouvé l'année suivante dans les Antilles au cours du moi de Mai 2005: un OVNI 41 en parfait état ( la suite nous prouvera que non !)et l'achat s"est concrétisé très ( trop dira Adrien !)rapidement .
NANOK est devenu APSARA. Chargement , déchargement , rapatriement d'ATAHUALPA sur la France .Je suivrai tout ce remue-ménage depuis la Haute-Savoie tranquillement occupée par les tâches quotidiennes et autres heurs et malheurs de la vie au jour le jour .
Il me faudra le temps d'un enfantement pour enfin voir APSARA en février 2006.
Entre temps Michèle et Adrien l'avait tanké à Trinidad durant la période cyclonique et l'avaient rejoint en octobre 2005 sur le chantier Pick à Chaguaramas .
Les dieux s'étaient-ils fâchés, ou la superstition du mauvais sort jeté au changement de nom s'avérait-elle juste ?Toujours est-il que le moteur refusa obstinément de démarrer !!!.
3 démarreurs , une pompe à injection , de grandes angoisses et 2 mois plus tard celui-ci daignait enfin se remettre au travail.
Fin du 1er chapitre
Article parvenue à Voiles et Voiliers en Mars 2002:
Petit courrier pour grand remerciements:
Il en est de rêves comme des petites recette de la vie , on peut les accommoder à n'importe quelle sauce pourvu qu'on ait le tour de main . Le mien mijotait dans sa casserole depuis si longtemps que j'a trouvé tout naturel , lorsque je découvris l'article dans VOILES et VOILIERS en mars 2002, d'un marin qui peut enfin réalisé son rêve , faire le tour de la Méditerrannée , de lui écrire  puisque ce rêve était aussi le mien .
1ere bobine du film :
Seule différence probante , la dimension de mon rêve était largement proportionnelle aux progrès à réaliser.
Nonobstant cet obstacle , et forte de mon innocence , je pondais une de ces lettres dont on ne sait si 1) elle parviendrait à son destinataire
2) elle serait reçue puis classée verticale au panier ou classée sans suite ou réduite ne bandelette par le destructeur de papier
3)elle serait lue comme un doux délire auquel il ne faut pas répondre , on sait jamais ça pourrait être contagieux, comme un exercice littéraire propre à méditer ou tout simplement comme la question d’une innocente marin(e) d’eau douce sur le lac Léman à un vieux( ?) loup de mer barbu et vêtue d’une vareuse délavée.

Il me fallut quelque temps pour connaître la réponse simplement par le fait que le tour de Méditerranée n’était pas réalisé. Or donc, six mois plus tard , qu’elle ne fut pas ma surprise , par un matin grisaillou et pluvieux de septembre de recevoir une lettre de 5 pages où tout le détail de mon rêve prenait forme : l’itinéraire,les escales,le bateau jusqu’au WC marin ,qui, comme chaque navigateur le sait, a une tendance fâcheuse à modifier son mode d’emploi à chaque usage . Maîtriser son fonctionnement c’était assurément gagner ses galons d’hauturière ; La lettre se terminant par une invite à débattre de tous ces sujets devant boisson , je ne manquais pas d’y répondre, ayant pour le coup une longueur d’avance sur la dalle en pente.   

 

2eme bobine du film : et 2eme raison de vous remercier

Adrien ( on l’appellera comme ça pour les besoins de la cause)prêt à rééditer son errance et plus motivé par la navigation que par « Amour , gloire et beauté » à la télé décida tout à trac de mettre les bouts , de plier les gaules, …. et de vendre son bateau …… par la biais d’une petite annonce dans VOILES ET VOILIERS.

Quel furieux hasard fit que Michèle( on l’appellera comme ça pour les besoins de la cause) attirée par le bateau , repartit avec le bateau et le capitaine, on pourrait presque vous l’attribuer. En tout cas n’y voyez aucun parallèle avec « Amour , gloire et beauté » !! Et les voilà partis vers de nouvelles aventures .

 3eme bobine du film et suite sans fin de l’histoire :

 

 

On pourrait penser que la mémoire des loups de mer  devient défaillante en même temps que salée. Que non point ! Michèle et Adrien ne m’avait pas oubliée. D’Argelès d’où ils sont partis avec ATAHUALPA jusqu’au Cap Vert où ils m’attendront, je saurais tout de leur périple : du safran qui casse, jusqu’au chant des baleines , de l’attente à Gibraltar jusqu’à l’arrivée triomphale à Graciosa.

Certes , depuis le temps , j’avais quelque peu progressé dans le maniement des voiles( merci Olivier, Bérénice et Mike)mais ce qu’il m’arrivait par mail fin novembre dépassait l’entendement : je partais les rejoindre pour la TRAVERSEE. Je passerais sur les  détails : comment se faire remplacer par les collègues au pied levé( pour un prof de gym c’est peu commun !), comment se rendre en 24h à Mindelo quand les compagnies aériennes ont décidé la trêve des confiseurs. Ce qu’il advint après, pendant la TRAVERSEE appartient à mon jardin secret tant j’ai vécu ces 16 jours ( eh oui , 16 petits  jours pour un dériveur alu de 9m,6 !)comme un moment ininterrompu de bonheur et d’émerveillement .

 

 

A l’heure je vous parle, 12 juillet 2004, la route se poursuit vers Trinidad et les Grenadinoù es, toujours avec Adrien et Michèle, toujours sur ATAHUALPA. Et pour l’avenir….prometteur…il ne manquera plus que le quatrième pour taper la belote !!

 Merci Adrien et  Michèle

 

 

Claire Brondex   Publier 74500  

Par claire - Publié dans : micladapsara
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